Depuis 2009, le Grenelle de l’environnement a fixé un cap ambitieux : généraliser les bâtiments à énergie positive dès 2020 avec la RT 2020. Si cette réglementation reste encore floue dans ses contours, elle s’inscrit dans une dynamique plus large de réduction de l’empreinte carbone du secteur du bâtiment.

La RT 2020 et ses limites

La réflexion autour de la RT 2020 a mis en lumière les limites des réglementations thermiques précédentes, notamment la RT 2012, qui se focalisait quasi exclusivement sur la phase d’exploitation des bâtiments, en négligeant l’impact environnemental de la construction elle-même et du cycle de vie global du bâtiment.

Le Label Bâtiment Bas Carbone (BBCA)

Lancé au printemps 2016 par Certivéa, le label pilote BBCA (Bâtiment Bas Carbone) permet de mesurer l’empreinte carbone d’un bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie : construction, exploitation, fin de vie. Dans un bâtiment neuf, 60 % du CO2 émis provient de la construction, contre 40 % pour son exploitation.

Un outil clé pour réussir la transition écologique

Le label BBCA, porté par l’association BBCA et soutenu par le Plan Bâtiment Durable, vise à promouvoir les bâtiments à faible empreinte carbone. Il répond à l’enjeu de créer une culture collective de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en s’appuyant sur des indicateurs communs pour mieux structurer les projets de construction.

Valoriser le carbone dans les politiques publiques

Le groupe de travail du BBCA souligne l’importance de donner une valeur économique au carbone pour que les choix d’investissement intègrent réellement l’impact climatique. La loi sur la transition énergétique a d’ailleurs reconnu ce principe en introduisant une « valeur tutélaire du carbone » dans l’évaluation des politiques publiques.

Comment concevoir un bâtiment bas carbone ?

  1. Adapter les surfaces construites : chaque m² non construit évite jusqu’à une tonne de CO2. Réfléchir à la taille et à l’agencement intérieur est donc essentiel.
  2. Optimiser l’implantation : proximité des services, accès à des énergies décarbonées ou capacité à en produire localement.
  3. Privilégier la rénovation quand c’est possible : réutiliser l’existant permet d’économiser environ 300 kg éq. CO2/m².
  4. Construire durable : choisir des matériaux peu émetteurs, durables, et simples à mettre en œuvre. L’analyse doit porter sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment.
  5. Sélectionner des énergies faiblement carbonées : prendre en compte le facteur d’émission (g CO2/kWh) de chaque énergie dans les choix techniques.
  6. Optimiser l’exploitation : les outils de domotique permettent de mieux gérer la consommation et de réduire les émissions sur le long terme.

Un coût à anticiper

Si cette approche est bénéfique pour la planète et la santé publique, elle soulève une question cruciale : quel en sera le coût ?

La RT 2012 avait déjà entraîné une hausse des prix de construction, rendant l’accession à la propriété plus difficile. Cette hausse a poussé à construire des maisons plus petites, augmentant les risques de déménagement ou d’extensions futures… ce qui, paradoxalement, détériore le bilan carbone global.

Conclusion

Le label BBCA et la RT 2020 amorcent une mutation profonde du secteur de la construction. Il ne s’agit plus uniquement de consommer moins d’énergie, mais bien de penser chaque projet dans une logique globale de réduction de l’empreinte carbone. L’enjeu est immense, mais les outils sont là pour construire durablement… à condition que la volonté collective suive.

Sources :

  • Le Moniteur
  • Plan Bâtiment Durable (2016)
  • École des Ponts ParisTech

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